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C’est la ville de Bourges qui avait été choisie cette année par les retraités FSU pour leur sortie annuelle. Pour les treize participants, la journée du 9 Juin débute par une visite guidée de la cathédrale Saint-Etienne : fleuron de l’art gothique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’édifice actuel fut construit au XIIIème siècle pour remplacer la cathédrale romane des XIe et XIIe siècles devenue trop petite. Avec cinq nefs, cinq portails, et sans transept, c’est la plus large de toutes les cathédrales de France.

Malgré quelques pertes causées par les guerres de religion et la Révolution, on peut encore admirer des chefs-d’œuvre de sculpture sur la façade, les portails latéraux et sur  le tympan central avec une évocation saisissante du  Jugement Dernier.

 Les vingt-deux verrières du XIIIème racontent la vie des Saints et les métiers des artisans dont certaines corporations ont payé ces vitraux : on y retrouve le tailleur de pierre, le pelletier, le forgeron ou le tonnelier.

Après le repas pris en commun dans un restaurant situé en pleine nature en bordure des Marais, c’est dans ce havre de verdure et de calme que nous passons l’après-midi. Notre guide nous conduit sur les sentiers qui cheminent entre les jardins. Jusqu’au VIIIème siècle, la ville de Bourges, située sur un promontoire calcaire, est ceinturée d’un rempart et entourée de marécages. En 1640, la ville vend ses marais avec obligation pour les propriétaires d’organiser l’espace en parcelles et d’en prévoir le drainage. Jusqu’en 1850, les parcelles étaient cultivées par des maraîchers professionnels ; le dernier maraîcher est parti en 1976. De nos jours, elles sont la propriété de non professionnels dont la plupart sont des retraités. Mais ces derniers disparaissent peu à peu et les nouveaux propriétaires, souvent plus jeunes, utilisent leur parcelle comme lieu de détente et de villégiature avec cabanon, balançoires, etc, donnant aux marais un cachet bien différent. On distingue les marais « du haut », au nord de l’Yèvre et les marais « du bas », au sud. La plus grande partie  du « marais du haut » ne peut être atteinte que par la navigation : on s’y déplace sur les petits canaux appelés « coulants » à l’aide de barques traditionnelles, « les plates » que l’on dirige avec « la bourde », sorte de grande perche. Le barrage des Quatre Pelles (situé à l’extrémité des marais) permet la régulation du niveau d’eau.

 Actuellement les 135 hectares de marais sont divisés en 1500 parcelles dont 1000 environ sont situés dans les marais du bas.

Lorsqu’un maraîcher décède, sa parcelle est vite reprise car acheter un marais n’est pas  très onéreux. Deux associations, regroupant des usagers des marais, veillent à leur sauvegarde et leur protection : ils organisent en particulier des journées pour éradiquer les plantes invasives.

Une bonne entente règne au coeur des marais parmi les propriétaires : certains acceptent volontiers d’échanger avec les promeneurs que nous sommes et les jardiniers du groupe en profitent pour discuter jardinage.

Notre guide, en plus de sa compétence et de sa gentillesse, ne compte pas son temps : elle nous propose de revenir en centre ville pour nous faire découvrir le quartier médiéval que nous n’avons pas eu le temps de parcourir le matin. Nous gagnons la rue Bourbounoux : cette rue pavée compte encore plusieurs maisons à pans de bois, dont certaines datent du XIVème siècle, ayant échappé au violent incendie de la Madeleine qui ravagea le quartier en 1487.

Nous atteignons la Place Gordaine qui était au Moyen Age la place principale où se retrouvaient les marchands et les changeurs.

C’est là que s’achève la visite de Bourges : il y aurait encore beaucoup à découvrir dans cette ville qui possède un riche patrimoine, mais il est temps de rejoindre la Creuse.

Simone LEMAIGRE